Episode 1 : Les Moissons d’Orgho
Le soleil de Sideris ne brûlait jamais ; il caressait. Ce jour-là, la lumière avait la couleur du miel de roche, et l’air lourd de l’été finissant sentait le jasmin étoilé.
Le soleil de Sideris ne brûlait jamais ; il caressait. Ce jour-là, la lumière avait la couleur du miel de roche, et l’air lourd de l’été finissant sentait le jasmin étoilé.
Le dôme du Cénacle des Horizons apparaissait comme une gigantesque fleur de métal et de polycarbonate de trois kilomètres de diamètre. Ses pétales s’ouvraient directement sur la stratosphère de Sideris.
Le voyage n’avait été qu’un long néant, une stase où le temps s’était replié sur lui-même comme une étoffe inutile. Puis, brusquement, survint le choc thermique.
Ilario s’attendait à une simple ouverture du sas. Mais la capsule 412 ne s’ouvrit pas, le sas explosa vers l’extérieur sous la pression différentielle. Un hurlement grave, une note de basse d’une puissance infinie, s’engouffra dans l’habitacle.
Les heures qui suivirent la stabilisation de la plateforme furent les plus longues de la vie d’Ilario. Puis il passa deux cycles de sommeil agités à fouiller les moindres recoins de sa prison de métal.
Sur Obsidia, le temps semblait s’être figé dans une réverbération éternelle. Isilde, les yeux toujours clos derrière sa visière opaque, s’était arrêtée après quelques mètres, attentive aux variations de l’écho du désert de verre.
Ilario resta un instant figé sur le seuil du Skiff, les poumons brûlants d’un air saturé d’huile et d’ozone. L’homme massif qui l’accueillait ne ressemblait en rien aux Sages de Sideris ; il exhalait une force brute, celle de ceux qui luttent quotidiennement contre la pesanteur.
Chaque pas d’Isilde résonnait dans le couloir comme un coup de marteau sur une enclume de cristal. L’air était devenu d’une pureté absolue, presque stérile.
Bien plus qu’un simple phénomène météorologique, la tempête de catégorie 4 sur Aura-Boréa était un hurlement. Lorsque Ilario émergea sur la passerelle extérieure, sanglé dans son harnais de fortune, le vent le frappa avec la violence d’un mur solide.
La faille de sortie ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait connu. Ce qui ressemblait à un portail technologique s’avéra être une déchirure dans la réalité, un point de jonction entre la roche vibrante d’Obsidia et le vide spatial.
Une morsure de glace accueillit Ilario dès le sas. L’air de Mnemos, une planète chimiquement pure, manquait cruellement d’humidité.
Le caisson de transport pressurisé percuta la surface avec la violence d’une météorite. À l’intérieur, Isilde fut projetée contre les parois, le choc lui arrachant un cri muet.
Le froid de Mnemos s’insinuait désormais sous la peau d’Ilario. Chaque respiration lui brûlait les bronches, rappelant la stérilité absolue de cette planète-archive.
Isilde était immergée dans une cage de verre renforcé, suspendue au-dessus d’une faille volcanique d’où s’échappaient des courants magnétiques violets. La pression colossale du Grand Fond faisait gémir la structure.
La navette d’Ilario s’arrima au Secteur 42 dans un choc sourd qui fit vibrer la carlingue. Lorsqu’il franchit le sas, il fut accueilli par un silence épais, saturé d’une odeur de poussière ionisée.
Le Pilote était une Pilote. Celle-ci lâcha sa clé, se redressa, faisant face au Technicien. Ils restèrent ainsi, immobiles au milieu du passage, tandis qu’autour d’eux, les autres exilés continuaient leurs tâches absurdes sans même leur jeter un regard.
Le Pilote était une Pilote. Celle-ci lâcha sa clé, se redressa, faisant face au Technicien. Ils restèrent ainsi, immobiles au milieu du passage, tandis qu’autour d’eux, les autres exilés continuaient leurs tâches absurdes sans même leur jeter un regard.
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