L'Hégémonie de Sideris

Chers co-auteurs et lecteurs, le vote des équipes a tranché, après ce 3e épisode le sort est jeté pour nos exilés.

Ilario vient de se réveiller suspendu au-dessus du vide sur Aura-Borea. Le vent qu’il aimait tant sur Sideris est devenu son pire ennemi. Réussira-t-il à stabiliser sa nouvelle demeure avant la chute ?

Isilde, quant à elle, a été projetée sur les plaines coupantes d’Obsidia. Dans ce monde de miroirs et de verre volcanique, elle devra apprendre que ses yeux peuvent la trahir.

L’épisode 4 nous plongera au cœur de ces premiers pas. Merci à tous pour votre implication dans les choix de l’Hégémonie ! 

Épisode 2 : Le Protocole de l’Essaim.

Le dôme du Cénacle des Horizons apparaissait comme une gigantesque fleur de métal et de polycarbonate de trois kilomètres de diamètre. Ses pétales s’ouvraient directement sur la stratosphère de Sideris. Sous la coupole transparente, l’atmosphère était saturée d’une lumière bleutée, filtrée par des boucliers ioniques.

Ils étaient trois mille ce matin-là. Trois mille « Graines » de vingt ans, vêtues de combinaisons de saut en fibre de lin blanc, alignées sur des dalles de sustentation magnétique. Le silence n’était rompu que par le sifflement pneumatique des valves et le chant cristallin des Sentinelles, ces drones de surveillance qui survolaient l’assemblée pour scanner les données biométriques des partants.

Ilario sentait la main d’Isilde dans la sienne. Ses doigts étaient fiers, mais sa respiration trahissait une accélération que les capteurs du Cénacle ne manqueraient pas de noter comme « instabilité émotionnelle ».

Au centre de l’immense agora, la Grande Oratrice de l’Hégémonie apparut sous la forme d’un hologramme colossal de lumière ambrée. Sa voix, traitée par des synthétiseurs de fréquences, semblait vibrer directement dans leur cortex :

— Citoyens du jour vingt, enfants de Sideris, l’heure n’est pas aux adieux, mais à la floraison. Notre monde vous a tout donné : la vie, la force, et ce lien qui nous unit. Aujourd’hui, vous devenez nos ambassadeurs. Vous portez en vous la survie de notre espèce. Allez là où le vide a besoin de vie. Allez là où l’Hégémonie a besoin de votre lumière. L’Essaim ne se divise pas, il s’étend. Chaque capsule est une promesse. Chaque exil est une fondation.

L’hologramme se fragmenta en mille flux de données. Sur les rétines de chaque jumeau, une interface neuronale s’activa brusquement, affichant des coordonnées cryptées.

— Ilario d’Orgho. Vecteur 412. Quadrant Gamma. — Isilde d’Orgho. Vecteur 809. Quadrant Delta.

— Gamma et Delta… murmura Isilde, sa voix se brisant sur des termes techniques qu’elle n’appréciait guère. Ils nous envoient dans des secteurs opposés de la galaxie. Ils veulent briser la résonance, Ilario. Ils ont peur de ce qu’on est quand on est deux.

Elle jeta un regard de défi vers les drones Sentinelles. Loin d’un simple mouvement de l’âme, son insoumission devenait un métal froid qu’elle forgeait en silence dans le creuset de sa colère.

Ilario, lui, activait sa résilience. Son regard balayait les flux de données défilant sur les murs du dôme. Il cherchait à mémoriser les fréquences de synchronisation des capsules, les vecteurs de poussée, tout ce qui pourrait servir de fil d’Ariane plus tard.

— Ils ne peuvent pas briser ce qui est encodé dans nos cellules, Isilde.

Un champ de force invisible se forma autour d’eux, une paroi de plasma doux mais infranchissable, les séparant selon leurs vecteurs respectifs. Puis ils furent aspirés vers les tubes de lancement pneumatiques.

Ilario fut projeté dans la capsule 412. L’intérieur était un cocon de gel de protection et de câbles neuro-connecteurs. Tandis que le cockpit se refermait, une voix synthétique, dénuée de toute émotion humaine, commença le compte à rebours :

« Initialisation du saut. Injection du fluide de stase. Détection de microchimérisme… anomalie ignorée par protocole 0-Hégémonie. Synchronisation quantique activée. Destination : confidentielle jusqu’à la sortie de l’hyper-espace. « 

À travers le hublot de quartz, Ilario vit la capsule 809, celle d’Isilde, s’arracher au sol dans une colonne de feu bleu. Quelques secondes plus tard, ce fut son tour. La pression l’écrasa contre son siège. Sideris, la colline d’Orgho, le jasmin étoilé… tout disparut pour laisser place au noir absolu, zébré par les distorsions de l’hyper-espace.

Dans son sommeil forcé, Ilario emmena une dernière pensée, comme une balise : Je te retrouverai, même si je dois réécrire les lois de l’Empire.

Vous souhaitez participer à l'écriture de l'Hégémonie de Sideris ? Commencez par entrer votre email et valider, nous vérifirons votre inscription

Ce site utilise des cookies pour vous assurer la meilleures expérience utilisateur.

Avez-vous pensé à vous inscrire ?

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x